1. La polyatomicité
On assigne généralement à Edward Frankland le mérite d'avoir, le premier, explicité la notion de valence. Dans un article de 1852, où il rend compte de la préparation de composés organométalliques du zinc, de l'étain et du mercure, il en compare la constitution à celle des dérivés cacodyliques et stilbéniques, et induit de la symétrie des formules que « le pouvoir de combinaison de l'élément attractif [...] est toujours satisfait par le même nombre des atomes qui s'agrègent, indépendamment de leur caractère propre ». En 1861, revenant sur la nature des composés organométalliques, il en infère une « doctrine de la saturation atomique » qui a pour proposition fondamentale que « chaque élément est capable de se combiner avec un certain nombre d'atomes » et que « ce nombre ne peut jamais être surpassé ».
Mais, dans les vues de Frankland, un même élément peut exhiber plusieurs atomicités lorsqu'il se combine avec une même espèce atomique (et, a fortiori, avec divers atomes ou radicaux). Examinant, dans un Discourse de 1861, la série des combinaisons d'éléments polyatomiques, tels que l'azote, le phosphore ou l'arsenic, il discerne justement divers états de stabilité des composés, observant que « dans les corps possédant au moins un état de stabilité au-dessous de la saturation, et dans lesquels tous les atomes unis à l'élément polyatomique sont de même espèce, le stade du maximum de stabilité est très rarement celui de la saturation ». Ce faisant, il liait la doctrine en voie de constitution de la valence aux aspects énergétiques attachés de longue date à l'imagination des affinités. En 1866, il distinguera expressément les atomicités « latentes » et « actives » diversement composées dans le bilan de l'atomicité « absolue » qui correspond à notre notion empirique de valence maximale de chaque élément.
C'est à August Wilhelm Hofmann qu'il appartient, en 1865, dans son Introduction to Modern Chemistry, Experimental and Theoretic, de bien marquer le départ entre l'affi […]
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