Les frères Valdés appartenaient à une famille de lettrés qui joua un rôle non négligeable dans la vie politique, religieuse et littéraire de l'Espagne et de son empire. Élevés dans les milieux humanistes, tous deux appréciaient fort Érasme, avec lequel ils correspondirent d'ailleurs. Secrétaire et latiniste officiel de Charles Quint, Alfonso s'illustra à la diète de Worms, où il travailla à la réconciliation entre catholiques et protestants, ainsi qu'à la diète de Ratisbonne. On trouve dans les Dialogues de Mercure et Charon (Diálogos de Mercurio y Carón) et dans le Dialogue entre Lactance et un archidiacre (Diálogo de Lactancio y un arcediano) les dominantes de sa pensée : fidélité à son empereur et dévotion à l'idéal érasmien.
Juan, lui, après un Diálogo de la doctrina cristiana (1529), peu goûté de l'Inquisition, préféra s'exiler en Italie où Charles Quint lui confia un poste. Il y vécut le restant de sa vie, écrivant en espagnol pour le public italien. Son Diálogo de la lengua española (1535), qui circula comme manuscrit jusqu'au xviiie siècle, traite avec autant de savoir que d'élégance du style et de la langue de sa patrie.
Universalis
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