2. La vaccination, outil d'éradication des épidémies
Dans les années 1960, alors que l'incidence de nombreuses infections commence à décliner, les spécialistes prennent conscience de la possibilité de faire totalement disparaître un certain nombre de germes de la planète, ceux dits « à réservoir humain », car ils ne peuvent survivre longtemps en dehors de cellules humaines. C'est ce qui s'est produit avec le virus de la variole, éradiqué dès 1977. C'est ce qui est en passe d'être réalisé avec le virus de la poliomyélite. Cette nouvelle philosophie vaccinale suppose une stratégie intensive, qui, dans les pays en développement, est accomplie au moyen d'immenses campagnes de masse qui ont rapidement pris la forme de « Journées de vaccination » aux dimensions impressionnantes : en 1993, 80 millions d'enfants ont été vaccinés en une seule journée en Chine. En 1994, grâce au Programme élargi de vaccination de l'O.M.S., près de 80 p. 100 des nourrissons de moins d'un an dans le monde entier étaient vaccinés contre six maladies (diphtérie, tétanos, coqueluche, rougeole, poliomyélite, tuberculose). Selon l'O.M.S., ces vaccinations permettent d'éviter trois millions de décès chaque année.
Rougeole, coqueluche, mais aussi rubéole, oreillons, hépatite B pourraient s'effacer de la même façon des manuels de médecine des générations futures. Mais cela exige une couverture vaccinale quasi complète, encore loin d'être obtenue, y compris dans certains pays développés, peu enthousiastes à l'idée de vacciner tous les nourrissons contre des maladies réputées bénignes. En France, moins de 85 p. 100 seulement des enfants de moins de deux ans sont vaccinés contre la rougeole, alors qu'une couverture supérieure à 95 p. 100 est jugée nécessaire pour faire disparaître le risque d'épidémie. Insuffisamment appliquée, cette vaccination pourrait avoir des effets pervers, en entraînant des rougeoles plus tardives, à un âge où les complications graves sont plus fréquentes. Pour de nombreuses vaccinations, les demi-mesures risquent, de la même façon, d'aller à l'encontre du but recherché.
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