Publié en 1963, ce premier roman de l'écrivain américain Thomas Pynchon (né en 1937) déconcerta par ses implications et la place qu'il faisait à la métafiction. Par son recours à l'autoparodie, Pynchon élabore ce qui est à la fois une comédie délirante, une énigme à résoudre, un panorama spectaculaire du passé occidental et un commentaire mélancolique sur ce qu'est devenu le monde. En bref, un roman échevelé qui met en question sa propre conception.
On remarque d'abord dans V. l'abondance de noms parodiques comme Dewey Gland ou Baby Face Falange ainsi qu'un style un peu décousu, qui évoque une comédie musicale où les personnages interrompraient l'action pour donner des duos. V. souligne aussi les conventions du genre par des titres explicatifs et des résumés en tête de chaque chapitre, des emprunts à la tradition picaresque chère à George Smollet (Les Aventures de Roderick Random, 1748) et au symbolisme ubuesque et amer de l'écrivain américain Nathanael West (1903-1940).
Une seconde lecture se révèle nécessaire pour comprendre les enjeux du roman. Elle montre que c'est à un examen […]
