En mars 2010, José Mujica, ancien chef de la guérilla des Tupamaros, est investi président de l'Uruguay. Cet événement va permettre à la coalition de gauche au pouvoir, Frente Amplio (Front élargi), d'y rester cinq ans de plus. Cette alliance bénéficie de la majorité dans chacune des deux Chambres du Parlement. Elle perd cependant les postes de gouverneur dans quatre départements à l'issue des élections régionales de mai.
L'Uruguay continue d'afficher une hausse de la croissance du P.I.B., qui devrait atteindre 8,5 p. 100 sur l'année. Le taux de chômage reste à son plus bas niveau depuis 1986, après avoir chuté à 6,2 p. 100 en août. L'inflation demeure comprise entre 6 et 8 p. 100, tandis que la hausse exceptionnelle des exportations agricoles se poursuit.
Le président Mujica annonce un ambitieux programme de réforme de la fonction publique. Celui-ci provoque des tensions entre l'État et les syndicats, lesquelles s'exacerbent lors d'une grève générale, le 7 octobre. La coalition au pouvoir présente, par ailleurs, un projet de loi destiné à annuler la loi d'amnistie de 1986, qui protège les militaires d'éventuelles poursuites pour des délits commis pendant la dictature. Celle-ci a été maintenue à la suite des référendums organisés en 1989 puis en 2009. Mais, face à l'opposition de plusieurs sénateurs de la majorité gouvernementale, le projet est abandonné ; certains, à gauche, proposent toutefois d'organiser un troisième référendum sur la question.
Avec la nouvelle administration et la décision de la Cour internationale de justice, rendue en avril, Montevideo et Buenos Aires résolvent enfin le conflit qui les opposait à propos de l'usine de pâte à papier – considérée comme polluante par l'Argentine – située à Fray Bentos, sur les rives uruguayennes du fleuve frontalier avec l'Argentine. Les deux pays acceptent de créer une commission scientifique commune chargée de contrôler la qualité des eaux fluviales.
Le gouvernement profite du brillant parcours de l'équipe nationale de football (demi-finaliste) lors de la Coupe du monde pour promouvoir le tourisme et les investissements en Uruguay.
Martin WEINSTEIN
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