2. Urdū et hindī
Le hindustānī peut toutefois, par commodité, être considéré comme le tronc commun de l'urdū et du hindī. Le vocabulaire de base de ces deux langues, quelle qu'en soit l'origine, indienne, persane ou anglaise, et leur grammaire sont en effet identiques. Mais il y a des raisons pour établir une distinction. La plus visible concerne l'écriture : l'urdū se note en alphabet arabo-persan, le hindī dans la devanāgarī du sanskrit. En outre, alors que bien des écrivains hindous et sikhs utilisèrent l'urdū, ce dernier fut toujours historiquement associé aux musulmans, et tira du persan (et donc aussi de l'arabe) la masse de son vocabulaire technique et abstrait. Avec la montée des tensions politico-religieuses au xxe siècle, la divergence s'accentua, le hindī faisant de son côté l'objet d'une politique de sanskritisation artificielle, avec le remplacement, chaque fois que possible, d'un mot persan par son équivalent sanskrit. On observe au Pakistan une tendance similaire. Des mots arabes jusqu'alors inusités sont officiellement incorporés à l'urdū.
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