Ce mot, en toute rigueur du genre masculin, mais souvent employé au féminin, car il désigne un cobra femelle, est un terme d'érudits, emprunté, pendant la Renaissance, au commentateur hellénistique Horapollon ; on peut douter que la forme grecque (ouraios) ait été dérivée elle-même d'un terme égyptien. Le mot uraeus désigne l'image d'un cobra en fureur, qui dresse sa gorge dilatée, et, tel une flamme, remplit des fonctions de protection. On trouve l'uraeus au-devant des couronnes, protégeant le front du pharaon ; en longues frises, les uraeus écartent des monuments ennemis et dangers. L'uraeus est l'œil de Rê ; c'est l'apparition d'une déesse redoutable, dont on s'efforce d'orienter les aspects terrifiants vers des tâches bénéfiques. À la couronne des reines, le cobra peut être associé à un vautour ; le symbolisme prend alors un aspect géographique, car il signifie l'union de la Haute-Égypte, représentée par le vautour Nekhbet, et de la Basse-Égypte, représentée par le cobra Ouadjet. L'uraeus est figuré double tant pour le dieu thébain Montou que pour les pharaons de la XXVe dynastie, dite « éthiopienne ».
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