4. Les principaux thèmes
En dépit de la diversité des upaniṣad, on retrouve un certain nombre de thèmes qui sont identiques dans la plupart d'entre elles. Les uns sont archaïsants, les autres annoncent l'évolution qui se produira dans la période suivante : celle du brahmanisme récent ou hindouisme.
Parmi les thèmes anciens, on notera tout ce qui a trait au rituel : il s'agit d'une exégèse védique qui continue celle des brāhmaṇa et domine dans les upaniṣad les plus étroitement liées à la période précédente, l'originalité consistant, on l'a vu, à y ajouter une dimension psychologique.
Apparentée à celle du sacrifice, la vieille notion de nourriture (anna) se rencontre aussi à haute époque, notamment dans un apologue proposé par l'Aitareya.
Les doctrines concernant les souffles (prāṇa) apparaissent dans le même contexte ; elles revêtent une importance capitale dans les upaniṣad les plus anciennes. Les spéculations qui leur sont consacrées occupent une grande place dans les trois plus longues, dont chacune relève de l'une des branches primitives du Veda. Par la suite, la Praśna reprend le thème dans la ligne atharvanique, comme si celle-ci avait voulu, de son côté, posséder un exposé propre de cette question essentielle. Et c'est par l'entremise du prāṇa, principe vital, que la Mahānārāyaṇa procédera à son travail d'intériorisation des rites, introduisant un élément nouveau dans l'un des thèmes fondamentaux de toute la pensée indienne.
Au même niveau de réflexion, on rencontre la notion antique de puruṣa, dont le sens banal est « homme ». Mais, dans le Ṛgveda (X.90) et dans l'Atharvaveda (X.2), puruṣa est le géant cosmique que les dieux offrent en sacrifice pour tirer de son démembrement la totalité du divers, animé ou inanimé. Cependant, le terme n'a pas qu'une signification ; dans maints autres passages des saṃhitā ou des brāhmaṇa, il s'applique au « poucet » qu'on discerne dans l'œil, identique à l'homme d'or qui réside dans le soleil, ce qui est une première identification de l'être particul […]
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