5. La force d'un « parti faible »
Au final, les éléments structurants qui donnent à l'U.D.F. sa morphologie permettent de souligner à la fois ses faiblesses et ses atouts. Son ancrage parmi les réseaux de l'engagement catholique réduit sa surface tant militante qu'électorale et la rend dépendante des transformations et des crises de l'institution catholique. De surcroît, son marquage démocrate-chrétien, de moins en moins prégnant en France, n'est pas sans poser problème lorsque ses dirigeants diffusent leur programme au-delà des frontières partisanes. En outre, les stratégies de contournement des règles partisanes que permettent la porosité de ses frontières et sa faiblesse bureaucratique fragilisent l'U.D.F. vis-à-vis de sa concurrente directe, l'U.M.P. Le ralliement à celle-ci de la majorité des élus centristes en 2002 n'est d'ailleurs pas sans lien avec sa fragilité structurelle. La métamorphose du parti gaulliste n'est advenue que parce que, à l'U.D.F. plus que dans tout autre parti, le départ et le marchandage sont pensables et possibles. Pour autant, ces « faiblesses » de l'U.D.F. sont sans nul doute la contrepartie de sa « force » du point de vue de son ancrage sociétal : tant que les réseaux catholiques perdurent sous une forme ou sous une autre, l'U.D.F. peut se régénérer.
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