4. Un enracinement dépendant du catholicisme
Le plus souvent, l'U.D.F. bénéficie de la présence de paroisses catholiques dans lesquelles il existe un militantisme tous azimuts. Plus largement, hors de ces cercles paroissiaux et de leurs associations satellites, elle profite des activités culturelles, professionnelles et associatives de bon nombre de catholiques qui, impliqués ou non dans l'Église, participent à l'institutionnalisation du lien social dans tel département ou telle commune. Cependant, tous les catholiques de France ne convergent pas vers le projet politique proposé par l'U.D.F. Celle-ci semble séduire davantage les pratiquants actifs, convaincus par le discours de Rome et des évêques de France que les simples messalisants, qui votent en majorité pour les candidats gaullistes, et les traditionalistes, qui se répartissent entre Christine Boutin (U.M.P.), Philippe de Villiers (M.P.F.) et Jean-Marie Le Pen (F.N.). En ce sens, il serait inexact de dire que la formation présidée aujourd'hui par François Bayrou est un « parti catholique » ou un « parti démocrate-chrétien ». Toujours est-il que c'est par ces filières religieuses et caritatives légitimistes que s'édifient des soutiens électoraux favorables à l'U.D.F. De même, c'est au cours de ces carrières bénévoles, qui s'effectuent dans le champ de la solidarité et/ou au sein de l'institution ecclésiale, qu'émergent de futurs responsables centristes et de jeunes militants. En retour, le rayonnement des élus centristes, lorsqu'ils sont à la tête des exécutifs locaux par exemple, contribue au dynamisme ou au maintien des activités de l'Église.
Il n'est pas étonnant de constater alors que, là où l'U.D.F. obtient ses meilleurs résultats électoraux, le taux de pratique religieuse est supérieur à la moyenne nationale. Le vote en faveur de François Bayrou à l'élection présidentielle de 2002 ressemble grosso modo à celui qui s'était porté sur Jean Lecanuet en 1965, qui épousait la carte des départements les plus catholiques. L'U.D.F. trouve ses zones de force dans l'ouest de la France, avec un axe majeur allant du Cotentin à la Vendée en passant par la Mayenne. Le deuxième bastion est l'Alsace-Lorraine. Également, on peut voir que les parties méridionales du Massif central (Aveyron, Lozère et Haute-Loire) réussissent bien à cette droite. L'Ain, le Jura, les Hautes-Alpes et la Haute-Savoie sont les zones où l'U.D.F. obtient ses meilleurs scores dans la partie sud-est de la France. Dans le sud-ouest, ce sont les Pyrénées-Atlantiques qui font office de terre d'élection (cf. carte).
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