2. Critique du principe uniformitariste
Le principe uniformitariste n'a plus aucune signification à l'heure actuelle puisqu'il consiste, en affirmant la permanence des causes, à nier l'évolution.
Aucun scientifique ne peut douter que la Terre évolue. Elle le fait, en tant que partie du système solaire, en obéissant au principe physique fondamental de la conservation de l'énergie avec une dégradation inexorable de celle-ci : dans tout système fermé l'entropie augmente. Mais si le système solaire peut être, en gros, considéré comme un système thermodynamique fermé, il n'en est pas ainsi pour ses éléments, et singulièrement pour la Terre. Sur celle-ci s'est produit un événement essentiel qui fut la naissance de la vie, il y a presque quatre milliards d'années. La biosphère signale pour sa part son évolution constante vers des structures de plus en plus complexes : elle constitue un système ouvert où l'entropie diminue en freinant la péjoration énergétique de l'ensemble du système solaire. À ce tournant de l'histoire du globe, la vie s'introduit comme une cause nouvelle, inhibitrice de l'évolution minérale antérieure. Beaucoup plus tard, il y a seulement quatre millions d'années, un autre tournant fut balisé par l'apparition de l'homme et, avec celui-ci, de la pensée, autre cause nouvelle, combien prodigieuse mais combien dangereuse pour la vie elle-même.
La même inadéquation entre le principe d'uniformité et la réalité se retrouve à toutes les échelles. En voici quelques exemples :
– Le Soleil émet des rayons ultraviolets durs qui sont bloqués dans la haute atmosphère par une couche d'ozone qu'ils fabriquent eux-mêmes à partir de l'oxygène. Ce rayonnement serait fatal à la biosphère actuelle, mais c'est lui qui est considéré comme le facteur le plus probable de la genèse des structures qui sont à l'origine des lignées futures de toute la biosphère : en modifiant l'atmosphère terrestre (apparition d'oxygène libre), ces structures se trouvèrent préservées de l'action nocive des ultrav […]
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