Quand Tokugawa Ieyasu est nommé shogun en 1603, il inaugure une dynastie amenée à diriger le Japon durant plus de deux siècles et demi. Les immenses pouvoirs politiques que lui délègue l'empereur reposent sur le fait que le nouveau shogun (général en chef) a mis fin, grâce à une série de victoires militaires dont la plus célèbre est celle de Sekigahara en 1600, aux guerres féodales et aux rivalités entre seigneurs (daimyo) qui minaient le Japon depuis près d'un siècle. Après s'être assuré la vassalité des daimyo, il parvient à unifier l'ensemble du territoire japonais sous sa domination. La soumission des seigneurs, qui conservent toutefois une relative autonomie dans leur fief, ancre le Japon dans une ère de stabilité politique qui permet une véritable croissance économique, notamment dans la région d'Edo (l'actuelle Tōkyō) qui est le siège du gouvernement des Tokugawa. Mais cette période correspond également à une phase de repli du Japon sur lui-même : le refus obstiné de tout contact commercial ou culturel avec l'Occident perdure peu ou prou jusqu'à l'accession au pouvoir du futur empereur Meiji, en 1867, qui met un terme au shogunat.
Photographie
Prise d'Osaka par Tokugawa Ieyasu Nommé shogun en 1603, Tokugawa Ieyasu (1543-1616) écrase en 1615 les derniers membres de la famille rivale Toyotomi, retranchés dans le château d'Osaka. Scène de la prise du château d'Osaka. Détail d'un paravent peint par Kuroda Nagamasa (1568-1623). Collection Kuroda, Japon.
Crédits: Werner Forman / AKG Consulter
Olivier COMPAGNON
Retour en haut



