Né dans le Fouta-Toro, en pays toucouleur, el Hadj Omar (al-Ḥādjdj ‘Umar) se signale très tôt par son intelligence et par sa ferveur religieuse. À vingt-trois ans, il entreprend le pèlerinage de La Mecque, où il est nommé par ses coreligionnaires calife de la Tidjāniyya pour le Soudan occidental. La confrérie de la Tidjāniyya insiste sur l'adhésion religieuse individuelle, sur les vertus de fraternité et de solidarité, et minimise le rôle des hiérarchies religieuses. Dans une société où les organisations tribales sont en décadence, où la plupart des sectes musulmanes, notamment la Ḳadariyya, maintiennent entre la masse des fidèles et le chef religieux de multiples échelons mystiques quasi infranchissables, la Tidjāniyya apparaît comme révolutionnaire. Le contact entre le croyant et le calife est aisé et direct. Chacun, à l'intérieur de la confrérie, a la possibilité d'accéder, selon son talent, aux plus hautes destinées. Ces aspects nouveaux expliquent à la fois le succès d'el Hadj Omar et l'opposition qu'il rencontre parmi les classes dirigeantes, notamment celle de l'aristocratie islamo-peule du Fouta-Djalon.
En 1848, el Hadj Omar s'établit à Dihguinraye dans le nord-est [… ]
