Deuxième successeur du Prophète à la tête de la communauté islamique, ‘Umar Ier joue un rôle décisif dans l'expansion de l'islam et dans l'organisation de l'État musulman. D'abord fermement opposé à la prédication de Muḥammad, il change bientôt d'attitude et se fait l'un des plus fervents adeptes de l'islam, les mots du Coran comme la teneur de cette nouvelle religion étant à l'origine de sa conversion. Du vivant du Prophète, sans occuper le premier rang, il joue un rôle d'éminence grise dans les domaines politique et diplomatique. À la mort de Muḥammad en 632, il favorise l'élection d'Abū Bakr au califat, prise de position qui lui sera toujours reprochée par la tradition shī‘ite pour laquelle le califat eût dû revenir, de droit, à ‘Alī. Deux ans plus tard, Abū Bakr le désigne, avant de mourir, comme son successeur ; au cours des dix années que dure son califat, l'Islam remporte une victoire définitive sur les empires voisins. Énergie et sagesse politique caractérisent le nouveau calife qui s'entoure de brillants généraux mais maintient son autorité en jouant sur les rivalités qui s'élèvent entre ces « hommes nouveaux » et les anciens compagnons du Prophète. Dès 636, […]
