Ce mouvement poétique fut lancé vers 1918 par un groupe de poètes : Guillermo de Torre, Xavier Bóveda, César A. Comet, Pedro Garfias, F. Iglesias Caballero, J. de Aroca. L'ultraïsme se situe au confluent de mouvements d'avant-garde tels que futurisme, cubisme et dadaïsme. Le Manifiesto vertical ultraista (1920) se propose, comme son nom l'indique, de passer outre (ultra) ces écoles. Être « une rafale d'air pur pénétrant dans une chambre somnolente », tel était son projet. Le « poème pur » qu'il veut créer rejette l'anecdote, l'effusion sentimentale, la structure logique ou formelle. Outre le lexique de la technique, de la science ou du sport, les mots rares, les images surprenantes, les métaphores brillantes composent le langage de l'ultraïsme. Les recherches typographiques, à la façon des Calligrammes d'Apollinaire, sont pratiquées. Guillermo de Torre (1899-1971), principale figure du mouvement, illustre la doctrine dans les poèmes « visuels » de Hélices (1923) et s'en fait le théoricien et l'historien dans Literaturas europeas de vanguardia (1925). Vers les années 1920-1923, plusieurs revues, souvent éphémères, propagent l'ultraïsme […]
