Venu jeune à Chirāz, pour y parfaire pendant quelques années sa formation, ‘Ubayd-i Zākānī retourne à Qazwīn, sa ville natale, en tant que juge, avant de se rendre à Bagdad. On connaît mal la vie de ce contemporain de Hāfiz, peut-être à cause du peu d'estime qu'il inspire : même ses œuvres sérieuses sont truffées d'anecdotes, d'allusions scabreuses et de satires violentes. Pourtant, c'est vraisemblablement l'un des meilleurs auteurs satiriques de la littérature persane du xive siècle. Doué d'un esprit moqueur et d'une grande vivacité, Zākānī utilise ces dons et les met en relief par un style incisif. Sa production est variée, mais la censure du « bon goût » a presque toujours expurgé ses manuscrits, et à plus forte raison ses œuvres imprimées.
Auteur d'un Diwan composé des habituelles qasīdas dithyrambiques adressées à ses différents protecteurs, de ghazals et de ruba'is (quatrains), il a versifié le Ushshaq-Nāme (Livre des amants) et surtout Mush u-gurba (La souris et le chat). Ce masnavi est une critique du pouvoir établi qu'il symbolise par le chat de Kirmān, bête extraordinaire « dont le ventre était un tambour [...] et do [… ]
