7. De la perestroïka à la fin de l'U.R.S.S. (1985-1991)
L'élection de Mikhaïl Gorbatchev, le 11 mars 1985, au poste de secrétaire général du P.C.U.S., ouvre la dernière phase de la période soviétique de l'histoire russe, une phase de six ans au cours de laquelle, de réforme en réforme, d'emballement en emballement, le projet gorbatchévien originel, qui n'avait pour but que de rendre plus efficient le système soviétique existant, débouche sur l'implosion de l'U.R.S.S.
Les premiers choix de Gorbatchev, durant toute l'année 1985, ne semblent pas constituer une rupture radicale avec le passé. Néanmoins, dès le début de 1986, l'évolution s'accélère, avec la mise en avant de deux mots d'ordre : glasnost et perestroïka. La glasnost, c'est-à-dire la transparence, le fait de rendre public ce qui était jusque-là caché, et la perestroïka, c'est-à-dire la restructuration du système, n'ont aucunement pour but de torpiller le socialisme, mais de le rendre plus performant. Néanmoins, une fois le mouvement lancé, il devient très difficile de le canaliser. Censée révéler les insuffisances du socialisme, la glasnost se porte d'emblée au cœur même des instances de légitimation du pouvoir du Parti communiste : l'histoire et, à l'intérieur du champ historique, la question clé du stalinisme. La libération de la parole suscite inévitablement débats et résistances, débordements et effets pervers. L'interrogation sur le stalinisme entraîne celle sur ses sources, le léninisme. La remise en cause se développe bientôt sur les terrains les plus divers : l'écologie, l'histoire, l'idéologie officielle, la politique des nationalités. Les revendications nationales se multiplient : l'anniversaire de la signature du pacte germano-soviétique, dont le protocole secret est évoqué pour la première fois en 1987, provoque des manifestations de masse dans les trois républiques Baltes annexées en 1940. Ces manifestations sont le point de départ d'un processus qui conduit, trois ans plus tard, à la proclamation d'indépendance des pays Baltes.
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