4. Le « second stalinisme » : de la guerre à la mort de Staline (1941-1953)
La période de la guerre et de l'après-guerre dessine les contours d'un « second stalinisme », nationaliste, conservateur et expansionniste, distinct, par certains aspects, d'un « premier stalinisme » des années 1930, caractérisé par l'excès, la démesure, la terreur de masse, la volonté de mettre au pas à la fois la société, le parti et des administrations inefficaces. La présence de l'U.R.S.S. dans le camp des vainqueurs donne au régime stalinien une formidable légitimité, tant sur le plan intérieur que sur le plan international.
• L'U.R.S.S. en guerre (1941-1945)
Durant les dix-huit premiers mois de la guerre (juin 1941-novembre 1942), l'U.R.S.S. accumule les défaites. Après trois semaines de combats, les armées allemandes progressent de trois cents à six cents kilomètres, occupant les pays Baltes, la Biélorussie, l'Ukraine occidentale et la Moldavie. Le 24 septembre, après la chute de Smolensk, la Wehrmacht lance l'opération Typhon avec pour objectif Moscou. L'avance allemande est stoppée dans les faubourgs de Moscou en novembre. La première contre-offensive soviétique de la guerre (début décembre 1941-février 1942) permet de dégager Moscou et de reconquérir un peu de territoire. Cependant, au printemps de 1942, la situation reste alarmante : l'effondrement militaire des cinq premiers mois de la guerre se solde par l'occupation ennemie de régions vitales regroupant près de 40 p. 100 de la population et plus de la moitié du potentiel économique. Dans ces désastres militaires, la responsabilité de la direction du parti, et de Staline en particulier, est écrasante. Elle se situe à trois niveaux :
– une erreur globale d'appréciation de la menace nazie en juin 1941 ;
– une politique d'équipement de l'armée trop tardive ;
– une profonde désorganisation du corps des officiers à la suite des purges de 1937-1938.
D'avril à octobre 1942, l'Armée rouge connaît une nouvelle série de revers : en avril-juin, les Soviétiques échouent da […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 37 pages…



