4. La correction des observations
Comme l'a dit Kepler, c'est à Tycho Brahe que l'astronomie nouvelle est redevable des fondements et du premier étage de son édifice. En le désignant comme le phénix des astronomes, Kepler précise le prix de son apport : des archives corrigées, une réforme importante des mouvements du Soleil et de la Lune.
Ce sont là des notes justes et caractéristiques. Si Tycho Brahe a eu des réfractions atmosphériques qui perturbent les résultats des observations une idée plus vague que Ptolémée, Alhazen (Ibn al-Haytham, 9651040 env.) ou Vitellion (Witelo, 1230 env.1275 env.), en ce sens qu'il a cru le phénomène davantage lié aux vapeurs terrestres qu'aux propriétés optiques de l'air, il en a dressé une table plus exacte. En suivant la direction du Soleil aux alentours d'un solstice, au cours d'une journée, il constatait l'écart entre la hauteur observée et celle calculée, puis il dépouillait la différence de la parallaxe solaire et s'attachait au résidu.
Il jugeait seulement cette parallaxe trop forte (ce qui le conduisit à croire que la réfraction pour les étoiles diffère sensiblement de celle du Soleil) car il suivait de trop près les évaluations minimisantes de Copernic quant aux dimensions du système solaire. Mais il est certain qu'on accédait avec lui à une conscience très nette des diverses corrections dont l'observateur doit tenir compte et qu'il doit s'efforcer d'atteindre avec le minimum de considérations théoriques et le maximum de mesures effectives.
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