3. Le rayonnement posthume
Si Tycho Brahe a publié quelques œuvres de son vivant, en des occasions mémorables (nova de 1572, comètes de 1577 et 1582) qui ont eu leur importance dans la renommée dont il a aussitôt bénéficié, la diffusion de ses travaux a été surtout posthume, suivant deux étapes principales. La première, dans les années qui ont suivi immédiatement la disparition de Tycho Brahe, a été le fait de disciples directs et a permis à la fois la réimpression d'ouvrages antérieurs avec des additions et la publication d'un regroupement de manuscrits. La seconde, vers le milieu du xviie siècle, autour de la réalisation des Opera omnia, a renouvelé l'attention du monde savant sur les catalogues d'observations qui avaient servi à Kepler pour le calcul de ses Tables rudolphines.
Le fait que ces catalogues publiés comportaient des lacunes (notamment pour les observations de l'année 1593), alors que se développait l'astronomie instrumentale de précision aux alentours de 1670, a suscité l'initiative de l'Académie royale des Sciences : envoyé en mission sur les ruines d'Uraniborg en 1671-1672, l'astronome français Jean Picard a pu déterminer la longitude et la latitude de l'observatoire de Tycho Brahe, éléments nécessaires pour l'utilisation rationnelle de ses catalogues, et a eu la bonne fortune de retrouver la copie des manuscrits manquants recherchés. Cette copie a été utilisée, puis restituée un siècle plus tard au Danemark, sans que sa publication soit apparue nécessaire.
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