3. Le Turkménistan indépendant
Le Turkménistan est resté, depuis son indépendance, le pays le plus fermé d'Asie centrale. Le régime politique, contrairement aux autres pays de la région, n'a jamais connu de démocratisation, le président de la République, Saparmourad Niazov, ayant instauré dès l'indépendance une dictature niant tout droit aux opposants. Ce régime est caractérisé par un culte de la personnalité poussé à l'extrême, le clientélisme tribal, le maintien d'une économie dirigée et la répression de toute opposition. La mort de Saparmourad Niazov et son remplacement par Gourbangouli Berdymoukhammedov en décembre 2006 a permis un début de libéralisation sur le plan économique et un début d'ouverture sur le monde extérieur.
• Refus des réformes démocratiques et personnification du pouvoir
Dans l'Union soviétique, le Turkménistan constituait une des régions les plus isolées et économiquement sous-développées. Une administration de type colonial avait été maintenue pour gérer ce territoire désertique, peuplé de groupes de pasteurs nomades vivant selon des valeurs restées tribales (sept grandes tribus composent la société turkmène). Dans ce contexte, le pouvoir central, représenté par des fonctionnaires non turkmènes ou des turkmènes russifiés habitant la capitale Achgabat, était largement perçu par la population rurale comme extérieur et dépendant de Moscou. L'économie était essentiellement liée à la production gazière, à la présence de bases militaires et à la culture cotonnière. Après l'indépendance, seules les productions gazière et cotonnière vont continuer à fournir une source de revenus au pays.
La captation de cette rente gazière par l'État et sa mauvaise redistribution va entraîner un appauvrissement très net après l'indépendance, poussant une part importante de la population slave à l'émigration. La grande majorité de la population est alors réduite à un niveau de revenus ne lui permettant plus que d'assurer sa stricte survie alimentaire.
L'arrivée massive de capitaux liée à la rente gazière va permettre au chef de l'État de conserver le contrôle d'une économie totalement dirigée et étatisée. Les choi […]
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