Premier mouvement de masse politico-religieux de la Chine, l'organisation révolutionnaire des Turbans jaunes (Huangjin), d'inspiration taoïste, contribua beaucoup, bien que noyée dans le sang, à l'établissement du taoïsme populaire et communautaire.
Les dernières décennies de la dynastie des Han (~ 206-220) paraissent avoir été une période de désintégration politique et sociale d'une ampleur inconnue jusque-là. La population paysanne, affamée et décimée par des épidémies de peste, quitte ses terres et cherche à survivre sous la forme de groupes itinérants (liumin). Des messies populaires, qui prétendent être des descendants, des représentants ou des incarnations de l'empereur Jaune (Huangdi) ou de Laozi, trouvent facilement un grand nombre d'adeptes. L'un de ces messies, dont le succès dépasse celui de tous les autres, se nomme Zhang Jue. Son mouvement naît dans la partie est de l'empire (provinces du Shandong, du Hebei et du Shānxi). Il guérit les gens par la foi. Investi par le Ciel, il écrit des talismans (fu) sur de la soie ou du papier. Il les brûle et en mélange les cendres à de l'eau qu'il donne à boire aux malades (cette pratique thaumaturgique ex […]
