3. Un Baudelaire roumain ?
On a dit que Tudor Arghezi était un Baudelaire roumain. Ce genre d'analogie, fallacieux le plus souvent, n'est acceptable ici que dans la mesure où certains poèmes – les Fleurs de moisissure, notamment – rappellent la manière des Fleurs du mal, non sans aller jusqu'à l'obscénité (Rava, Tinca). Le paradoxe est que cet écrivain revendicatif, âpre dans la lutte pour la justice ou pour la vengeance, capable par exemple de narrer comment des paysans tuent un boyard, écrasant son cadavre de leurs pieds nus, et le font, en le piétinant toute une nuit, pénétrer dans le sol, savait trouver des accents d'une exquise fraîcheur pour célébrer les jeux et les ris de son petit garçon et de sa petite fille.
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