3. Perspectives d'avenir
L'apparition des souches résistantes ne risque pas de mettre en danger les populations à haut niveau de vie, dont le suivi médical ne pose pas de problèmes. En revanche, même dans les pays riches, les nécessiteux et les marginaux font les frais de la carence éventuelle du système de santé : le fait est patent aux États-Unis depuis le milieu des années 1980. En milieu paupérisé, le traitement est souvent mal conduit (monothérapie plus ou moins vite interrompue et mal suivie, rechutes non identifiées, etc.). Sa charge excède les possibilités des pays en développement. Le danger s'aggrave quand on sait que les immunodéficiences, dont le sida est la version la plus redoutable, font le lit de la tuberculose, comme jadis le faisaient la malnutrition, l'alcoolisme et les maladies cachectisantes. Un variant ultrarésistant a été découvert en Afrique du Sud, à Tugela-Ferry (Kwazulu-Natal). Il avait contaminé en 2006 217 personnes, pour lesquelles la mortalité a été de 84 p. 100. L'extension épidémique, notamment chez les séropositifs s'est étendue, à partir de ce foyer initial, à l'ensemble de l'Afrique du Sud. La situation est inquiétante dans l'ex-U.R.S.S. avec plus de 20 p. 100 de multirésistances chez les nouveaux sujets touchés par le bacille de Koch. Le taux mondial des BK multirésistants s'élève à 5 p. 100 des 9 millions de cas nouveaux annuels (2006) pour le monde entier.
L'O.M.S. évalue l'aide aux pays pauvres dans le cadre du plan mondial Halte à la tuberculose 2006-2015 à 4,8 milliards de dollars en 2008, alors que le déficit de financement est déjà de 2,5 milliards.
Les recherches sur Mycobacterium tuberculosis comportent des difficultés, mais elles ont repris en faisant intervenir le système immunitaire et les techniques de génie génétique.
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