2. La mer et la révolution
Un long séjour à l'étranger marque l'enfance des deux sœurs : en 1902, la famille Tsvétaïev part pour l'Italie afin de soigner la tuberculose de Maria Mein. La jeune Marina Tsvétaïéva, dont c'était l'aspiration ardente, découvre la mer (qu'elle nomme « Espace des espaces » dans sa traduction du poème de Pouchkine, À la mer), et le spectacle de l'exiguïté du port de Gênes la déçoit. Sa vie entière sera sous le signe de cette déception fondamentale : l'infini du rêve brisé contre le fini du réel.
Au contact d'anarchistes russes, émigrés en Italie, Marina Tsvétaïéva apprend à dix ans la notion de révolution. Plus tard, répondant à une enquête biographique, elle dira : « Ma première rencontre avec la révolution date de 1902-1903 (les émigrés), la deuxième de 1905-1906 (Yalta, les socialistes-révolutionnaires). Il n'y en a pas eu de troisième ». Sa passion pour les Juifs, transmise par sa mère (« Un contre tous »), date aussi de cette époque.
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