Marina Tsvétaïéva est une des voix les plus fortes de la poésie russe du xxe siècle. On ne le sait pas encore ; ce n'est que dans les années 1980 que sa notoriété s'affirme en France et que Tsvétaïéva prend place aux côtés de Pasternak, Maïakovski, Mandelstam, Akhmatova, ses contemporains. Cette longue méconnaissance (son premier recueil important ne paraît à Moscou qu'en 1965) est un des signes de l'isolement tragique qui a marqué d'un bout à l'autre son itinéraire : l'affrontement cruel d'une personnalité lyrique passionnée qui ne répondait qu'à la dictée de son tempérament et de l'époque révolutionnaire avec ses exigences d'engagement idéologique.
Pour rejoindre son mari, ancien officier de l'Armée blanche, Tsvétaïéva quitte son pays en 1922 et vivra dix-sept ans d'exil – dont quatorze en France – dans des conditions matérielles et morales douloureuses.
Elle ne se reconnaît nullement dans les milieux littéraires de l'émigration qui, d'ailleurs, la rejettent. À propos de son œuvre, Pérékop, elle écrit à son amie tchèque, Anna Teskova : « Personne n'en veut. Pour la droite c'est trop à gauche quant à la forme, pour la gauche c'est trop à […]
Bibliographie
Œuvres de Marina Tsvétaïéva
M. Cvetaeva, Sočinenja (Œuvres), 2 vol., Xudožestvennaja literatura, Moscou, 1980
Stixotvorenja i poemy (Poèmes), 5 vol., Russica, New York, dep. 1980
Izbrannaja proza (Prose choisie), 2 vol., ibid., New York, 1979
Neizdannye pis'ma (Lettres inédites), Ymca Press, Paris, 1972
Ausgewählte Werke, G. Wytrzenes, Munich, 1971
Tentative de jalousie et autres poèmes, trad. È. Malleret, La Découverte, 1986
L'Art à la lumière de la conscience, trad. V. Lossky, Le temps qu'il fait, 1987
Le ciel brûle, trad. P. Léon, Cahiers des brisants, 1987
Indices terrestres, trad. V. Lossky, C. Hiver, 1987
Mon Pouchkine, trad. A. Markowicz, ibid., 1987
Le Conte de ma mère, trad. V. Lossky, Le Nouveau Commerce, 1988
Poèmes, trad. È. Malleret et al., Globe, Paris, 1993
Le Poème de la montagne ; Le Poème de la fin, L’Âge d’homme, Lausanne, 1994
Vivre dans le feu : confessions, trad. N. Dubourvieux, Robert Laffont, Paris, 2005
Les Carnets : 1913-1939, trad. É. Amoursky et N. Dubourvieux, éd. des Syrtes, Paris, 2008.Correspondance à trois : Rilke, Pasternak, Tsvétaïéva, Gallimard, Paris, 1982.
Études
Actes du colloque international de Lausanne (30 juin-3 juillet 1982) sur M. Tsvétaïéva, Syntaxis, Paris
A. Cvetaeva, Vospominania (Souvenirs), Sovetski pisatel, Moscou, 1974
A. S. Efron, Marina Tsvetaeva, ma mère, éd. des Syrtes, Paris, 2008
S. Karlinsky, Marina Tsvetaeva, Cambridge Univ. Press, Londres, 1985
V. Lossky, Marina Tsvétaïéva, un itinéraire poétique, Solin, Paris, 1987
È. Malleret, Marina Tsvétaïéva, Maspero, Paris, 1983
M. Razumovsky, Marina Zwetajewa, trad. franç., Noir sur blanc, Montricher, 1988.
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