Lev Aslanovitch Tarassov naît à Moscou en 1911. Soixante ans plus tard, dans un livre de souvenirs, Un si long chemin (1976), il aura à cœur de rappeler les origines arméniennes de ses parents. La révolution bolchévique l'amène à quitter la Russie dès 1917 : après bien des péripéties, il arrive en France à dix-neuf ans. Des études de droit et sa naturalisation lui permettent d'occuper un poste de rédacteur à la préfecture de la Seine, un emploi qu'il conservera jusqu'en 1943. Mais sa passion est ailleurs. À vingt-cinq ans, et tandis qu'il est encore sous les drapeaux, il publie son premier roman, Faux jour (1935), immédiatement récompensé par le prix du roman populiste. Trois ans plus tard, le prix Goncourt est décerné à L'Araigne. C'est donc un écrivain déjà célèbre − l'Académie française lui offre un prix pour l'ensemble de son œuvre en 1938 − qui va s'engager pendant quarante ans dans la publication de romans (La Neige en deuil, 1952 ; Grimbosq, 1976 ; Le Pain de l'étranger, 1982), de nouvelles (La Geste d'Ève, 1964 ; Les Ailes du diable, 1966) ou de récits de voyage. Surtout, il va attacher son nom à la […]
