Apparu en Grande-Bretagne au début des années 1990, le trip-hop se situe au carrefour de plusieurs courants musicaux : dub, reggae digital, hip-hop, techno. Massive Attack et Portishead l'ont popularisé.
Le terme trip-hop est surtout utilisé pour définir un son né à Bristol. Les recherches du label On-U Sound ou du collectif The Wild Bunch aboutiront à ce mélange qu'on peut définir comme une rencontre entre le hip-hop et les styles de techno au beat* peu marqué. Si le duo britannique Coldcut est un des précurseurs du trip-hop, Protection (1994), de Massive Attack, représente bien pour le grand public ce champ musical particularisé par l'utilisation de boucles lentes de samplers* et des climats proches du dub : avec l'aide de quelques vocalistes invités, les trois DJ* de ce groupe de Bristol ont réussi à produire une musique émotionnelle et sombre où les sons électroniques tendent vers un rendu plus organique. Karmakoma, utilisé par Patrice Chéreau pour la bande-son de la pièce de Bernard-Marie Koltès Dans la solitude des champs de coton (1987), est à cet égard significatif de la capacité du groupe à traduire des climats torturés. Le compositeur Tricky, un chanteur de Massive Attack, possède un phrasé rap qui rapelle le talk over* ; ses rythmiques au temps étiré sont tantôt inspirées du reggae* digital tantôt du hip-hop (comme dans son album Pre-Millennium Tension, 1996).
Sur les aires de repos des raves*, appelées chill-out*, on a pris l'habitude de diffuser une musique électronique calme, proche de l'ambient*. Le ralentissement des loops* de batteries samplés* est en effet une des grandes inventions que l'on retrouve dans les disques de Portishead (Dummy, 1994). Ce groupe sait explorer le côté noisy* par des traitements sonores parfois radicaux sur la voix ou sur les guitares : utilisation drastique du compresseur, bruits de disque vinyle, distorsions, effets de modulations.
Promue par les albums collectifs Free Zone ou What's Up (1994), cette esthétique a largement débordé le son dépressif d […]
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