3. Le modalisme
Entre 180 et 240, la christologie du Logos a un concurrent redoutable : le modalisme. Pour les modalistes, la divinité elle-même s'est incarnée dans le Christ, qui n'est autre que le Père devenu chair. Le Dieu des modalistes est avant tout absolue liberté : « Lorsqu'on ne le voit pas, il est invisible ; lorsqu'il se laisse voir, il est visible. De la même façon, il est [...] engendré et inengendré, immortel et mortel » (Noët, d'après Hippolyte, Elenchos, IX, 10, 10).
Taxant la christologie du Logos de dithéisme, le modalisme prétendait concilier seul la foi en un seul Dieu avec la croyance en la pleine divinité du Christ ; il resta longtemps populaire chez les simples fidèles, que la philosophie inquiétait. D'Orient, il avait gagné Rome. Son influence est grande sous les papes Zéphyrin (198-217) et Calliste (217-222). Vers 260 encore, l'évêque d'Alexandrie, Denys, doit le combattre. On le désigne alors sous le nom de sabellianisme, du nom de Sabellius, chef de la secte sous Calliste, qui finit par l'excommunier. Pour les sabelliens, Dieu agit sous trois prosôpa – trois masques ou visages – successifs : il est Père, comme créateur et législateur, il est Fils, de sa naissance à sa mort sur la croix ; il est enfin l'Esprit qui sanctifie l'Église.
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