3. Le tribalisme aux prises avec le colonialisme
• La résistance anticoloniale
Les premières réactions tribales à l'occupation ou à la conquête coloniale ont donné lieu au développement de formes semblables aux précédentes. Mais une caractéristique fondamentale les en différencie : c'est une cause externe, visant à supprimer ou à contrôler les structures sociales tribales, qui suscite ce tribalisme. Dès lors, celui-ci n'est qu'un instrument de mobilisation politique ou de simple survie sociale (et donc physique en un sens). Ce n'est plus la logique des contradictions internes aux sociétés qui s'exprime, c'est la confrontation avec un processus de domination, comportant destruction de la culture traditionnelle et acculturation systématique par l'Occident. C'est pourquoi le cadre de référence de ce tribalisme est à la fois le groupe dont il est issu et la situation de domination qui l'a provoqué.
Ainsi se développe l'unification « tribaliste » de groupes sociaux hétérogènes habituellement de petite taille. Les confédérations, les associations intertribales se multiplient et prennent parfois l'aspect d'un supertribalisme culturel. La fameuse conquête de l'Ouest a vu des phénomènes de ce genre apparaître chez les Indiens des plaines. Les luttes intertribales ne sont alors qu'une exacerbation des difficultés objectives à constituer un front uni face à un ennemi commun. La tentative de défendre un héritage qui risque de disparaître peut donner naissance à des mouvements d'exaltation de la tradition culturelle, religieuse ou politique. On peut parler de tribalisme, si ces phénomènes s'expriment au moyen d'institutions spécifiquement tribales.
M. I. Pereira de Quéiroz distingue bien deux sortes de réactions à la présence des Blancs parmi les Indiens des forêts d'Amérique latine, dont l'une peut être qualifiée de tribaliste alors que l'autre est messianique. Les Indiens acculturés par l'Occident réagissent les premiers, mais ils inventent une nouvelle religion et des sectes. Par cont […]
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