3. Les éléments transactinides (au-delà de Z = 103)
La découverte des éléments transactinides (surtout les éléments 104 à 106) s'est accompagnée de vives controverses entre l'équipe de Berkeley et celle de Dubna. Cette dernière s'appuie généralement, pour identifier un noyau, sur les propriétés de sa fission spontanée ; ce n'est pas sans ambiguïté, car les produits de la fission ne sont pas identifiés eux-mêmes avec précision. Au contraire, lorsque le noyau étudié subit une ou plusieurs désintégrations α et aboutit à un noyau déjà identifié, aucune discussion n'est possible. L'I.U.P.A.C. et l'I.U.P.A.P. (International Union of Pure and Applied Physics) ont ainsi dû créer un groupe de travail pour fixer des critères de découverte, attribuer celle-ci à un groupe et un nom à l'élément.
• Découverte des éléments 104 à 112
Rutherfordium
En 1960, l'équipe de Dubna annonçait la production du rutherfordium (104Rf), mais l'équipe de Berkeley montrait que l'activité observée est celle d'un état métastable, très déformé, de 242Am. En 1964, une activité de fission spontanée, formée à Dubna dans la réaction 242Pu (22Ne, 4n), était attribuée à 260Rf (T1/2 = 21 ms) sur la base de la relation entre énergie libérée et charge du noyau fissionnant. Son identification définitive, en 1969-1970, a combiné séparation chimique et physique nucléaire. En 1969, les émetteurs α 257Rf et 259Rf ont été observés à Berkeley par la technique du jet d'hélium et leur identification confirmée, en 1973 à Oak Ridge, par des coïncidences α-X (le rayonnement X signe sans ambiguïté le numéro atomique Z de l'élément).
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