La politique des transports est à l'ordre du jour de tous les pouvoirs publics, depuis les municipalités jusqu'à l'Union européenne. Cette actualité est liée aux difficultés posées par l'évolution des transports eux-mêmes, les pouvoirs publics étant, notamment depuis le xixe siècle, lorsque la notion de « service public des transports » s'est imposée, au centre des responsabilités en la matière. L'extrait suivant du Livre blanc de l'Union européenne, intitulé La Politique européenne des transports à l'horizon 2010 et présenté en septembre 2001, donne la mesure du problème : « Le présent Livre blanc définit un certain nombre d'actions à mener afin de concilier le développement économique et les demandes d'une société exigeante en termes de qualité et de sécurité afin de développer un transport moderne et durable à l'horizon 2010. » On mesure toute l'étendue de cette intention lorsque l'on rappelle qu'un transport durable est un transport qui concilie aussi l'environnement ainsi que la cohésion sociale. Cette situation est d'autant plus préoccupante qu'elle est nouvelle. En effet, jusqu'ici, il n'était question que de suivre la demande par de nouvelles infrastructures et de nouveaux progrès techniques. Sous l'empire de ces nouveaux objectifs, tous les rapports officiels sont unanimes : il faut que cela change.
Jusqu'au dernier quart du xxe siècle, l'histoire moderne des politiques des transports résulte d'une conjugaison harmonieuse du progrès technique, du développement des échanges à toutes les échelles, tant de marchandises que de personnes, et des dispositifs juridiques et économiques permettant de les maîtriser. Elle débute à la fin du xviiie siècle, à la suite de l'invention de la machine à vapeur puis de son perfectionnement par James Watt à partir de 1769 (premiers brevets). Cette force motrice ne tarde pas à être appliquée aux transports (1804, première machine à vapeur « voyageuse » sur rails, mise au point par Richard Trevithick ; 1829, première véritable locomotive moderne due […]
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