3. Transports et environnement : des enjeux vitaux et des ruptures nécessaires portés par une volonté collective forte
Toutes les décisions relatives aux politiques de transport ont un pas de temps très long : qu'il s'agisse d'infrastructures nouvelles à implanter, d'organisation de la vie économique et sociale à faire évoluer, d'impacts environnementaux à maîtriser, on raisonne au moins en décennies et non en années. Toutes les questions évoquées ici reviennent donc à s'interroger sur le monde de l'an 2050, pour tenter de le préparer.
Une telle réflexion prospective est évidemment pleine d'incertitudes. S'en dispenser ne pourrait pourtant que conduire à des décisions, ou des absences de décision, assez périlleuses. Une étude du conseil général des Ponts et Chaussées, effectuée en 2005, fait le point sur les réflexions menées sur ces questions. Elle souligne, en particulier, dans le domaine de l'environnement, l'importance des infléchissements de tendance nécessaires pour participer significativement à la lutte contre le changement climatique. Elle montre aussi en ce domaine l'importance d'une gouvernance européenne ou mondiale pour apporter des solutions à la hauteur des enjeux.
L'exemple de l'amélioration de la sécurité routière depuis les années 1980 est éclairant : il montre qu'un découplage entre la croissance globale des transports et l'un de ses impacts négatifs les plus forts, celui des accidents, a été possible. Mais ce découplage a supposé une prise de conscience de l'importance du problème par la société et une volonté politique forte et pérenne.
Le cas des impacts environnementaux des transports n'est pas rigoureusement comparable à celui de la sécurité : les deux conditions de progrès mises en évidence sont transposables, mais le caractère transfrontalier des phénomènes mis en cause y ajoute une nécessaire solidarité internationale. La prise de conscience collective devrait y pousser, face à des enjeux vitaux tels que le changement climatique et la préservation de la biodiversité.
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