Lorsqu'on se réfère aux dictionnaires, on s'aperçoit que les définitions des mots « transcription » et « translittération » restent imprécises, sinon contradictoires, et renvoient très souvent à des notions plus générales telles qu'« écriture » ou « notation ». Un premier travail de mise au clair s'impose donc : comment chaque terme se définit-il par rapport aux autres par ses usages et son champ d'application ?
Le seul élément de spécificité semble être leur extension différente. Le terme de notation couvre le plus grand nombre de domaines puisqu'on l'utilise à propos des langues mais aussi de la chimie, de la musique, des gestes, etc. Vient ensuite l'écriture, d'extension moindre et se rapprochant davantage de la transcription sans toutefois s'identifier à elle. Par l'écriture peuvent être représentés aussi bien les concepts (écriture idéographique) que la parole (écritures syllabique, alphabétique).
C'est dans ce deuxième aspect seulement, lorsqu'on écrit une langue en considérant non plus son contenu mais son expression propre, au terme d'une analyse plus ou moins fine de ses éléments phoniques, que l'on pourrait parler de transcription. Mais, pour des raisons qu'il convient de rechercher dans l'histoire de l'écriture, l'écart entre la représentation graphique d'une langue et sa prononciation n'a cessé d'augmenter (les différentes tentatives de réforme de l'orthographe en français en sont un exemple flagrant). Aussi la transcription est-elle devenue une opération nécessaire pour l'étude scientifique de la langue parlée. À cet effet, aucune écriture existante n'étant satisfaisante (les lettres ont plusieurs valeurs selon leur place dans le mot et leur combinaison avec d'autres lettres), ont été créés (à partir de divers éléments, soit nouveaux, soit empruntés aux alphabets connus) des systèmes graphiques capables de représenter sans risque de confusion les différentes réalisations phoniques existant dans le plus grand nombre de langues.
Enfin, la translittération, d'extension plus limitée […]
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