2. Influences et portée de l'œuvre
Cicéron donne ainsi à la législation d'une seule cité une valeur universelle. Il est par là difficile de croire que ce traité se soit réduit à un projet de réforme constitutionnelle, comparable à ceux qui sont élaborés dans la période troublée qu'est la fin de la République romaine ; c'est le résultat d'une réflexion politique et juridique, où la République et les Lois forment un tout, réflexion prolongée dans d'autres écrits, en particulier le traité intitulé Les Devoirs (De officiis).
Il s'agit également d'une réflexion philosophique : l'idée d'une loi naturelle, conforme à la raison, figure dans la pensée stoïcienne ; mais il faut surtout souligner l'influence de la philosophie de Platon. Les références au philosophe grec sont très nombreuses, à commencer par le genre du dialogue, choisi pour les deux œuvres ; la succession d'un traité sur la république et d'un traité sur les lois lui est également empruntée. C'est encore à Platon que Cicéron se réfère lorsqu'il s'agit d'introduire les lois par des préambules, car la loi doit persuader, tout autant qu'imposer (II,6, 14).
Le Traité des lois est une œuvre fondatrice dans l'histoire de la philosophie du droit : pour la première fois à Rome est affirmée et exposée de façon systématique l'idée d'une loi naturelle et d'un droit naturel. Ainsi prend naissance une notion dont la présence est manifeste dans la littérature latine classique et tardive ainsi que dans les textes juridiques, et que Rome lègue ensuite à la tradition juridique occidentale.
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