Conclu par Frédéric Ier de Suède et Pierre le Grand, tsar de Russie, le traité de Nystad est le quatrième accord bilatéral qui, de 1719 à 1721, règle les conséquences de la guerre du Nord (1700-1721) et de l'effondrement suédois, symbolisé par la mort, en pleine campagne norvégienne, de l'épique roi Charles XII (1697-1718). Héritier d'un empire hégémonique en Baltique, surtout après les traités de Westphalie (1648), celui-ci a fait face à une coalition (Russie, Pologne, Saxe, Prusse, Hanovre, Angleterre, Danemark), bien décidée à obtenir un rééquilibrage géopolitique de l'Europe du Nord. Vaincu à Poltava (1709) par l'armée russe, longtemps réfugié auprès des Turcs, Charles XII échoue, malgré la mise en place d'une économie de guerre, dans son dernier sursaut militaire après 1715. Ses successeurs cèdent Brême et Verden au Hanovre, Stettin à la Prusse, le Schleswig au Danemark et enfin, à Nystad, les provinces Baltes (hormis la Finlande) à la Russie. Devenu une puissance baltique et maritime, l'État russe s'affirme désormais comme un membre à part entière du jeu européen et comme une future grande puissance.
Vincent GOURDON
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