2. Des définitions inédites de la peinture
Après avoir rappelé les principes de l'optique, de la vision humaine comme un ensemble de rayons reliant l'œil aux surfaces des corps observés, Alberti donne dans le premier livre une définition, toute technique, du tableau : « La peinture sera donc une section de la pyramide visuelle selon une distance donnée, le centre étant placé et les lumières fixées ; cette section est représentée avec art sur une surface donnée au moyen de lignes et de couleurs. » Dans le deuxième livre, après un éloge de la peinture, liée de tout temps à la religion et à la mémoire des grands hommes, Alberti la définit par son objet : elle « s'efforce de représenter les choses visibles », elle « est pour moi une fenêtre ouverte par laquelle on puisse regarder l'histoire ». Mais si son objet est la représentation des corps visibles, son but est de raconter une « histoire qui constitue le dernier degré d'achèvement de l'œuvre du peintre ». L'histoire fait passer du plan scientifique au plan moral et ses exigences sont l'abondance, tempérée par le souci de clarté, la variété qui ménage des effets de contraste, et la simulation de la vie et des passions par le mouvement des corps. Le but du peintre est semblable à celui de l'orateur, émouvoir et convaincre : « L'histoire touchera les âmes des spectateurs lorsque les hommes qui y sont peints manifesteront très visiblement le mouvement de leur âme. »
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



