2. Épidémiologie
Les techniques d'isolement du parasite, et surtout les méthodes immunologiques, ont permis de reconnaître cette quasi-omniprésence de la toxoplasmose. La prévalence de l'infection (ensemble des sujets qui sont, ou ont été, infectés) varie évidemment en fonction de l'espèce et du climat. Les animaux carnivores ou omnivores (chien, porc, oiseaux de basse-cour) sont particulièrement souvent infectés tandis que les herbivores – mouton excepté, ce qui s'explique encore mal – le sont moins.
Le climat intervient aussi, sans doute, par son influence sur la survie de l'oocyste qui supporte mal le gel et la dessication : la toxoplasmose est rare sous les climats très rigoureux et dans les régions désertiques.
Dans l'ensemble, les notions récentes sur le cycle du parasite rendent assez bien compte des différences observées dans la géographie de la toxoplasmose.
Chez l'homme, la prévalence de l'infection toxoplasmique est conditionnée par le climat, le mode de vie et les habitudes alimentaires. Elle est plus fréquente, d'une part, chez les populations des régions humides, chaudes ou tempérées, surtout si les conditions d'hygiène sont mauvaises (contamination par les oocystes), d'autre part, chez les peuples amateurs de viande, surtout s'ils la consomment peu cuite ; la France est, de ce fait, le pays d'Europe occidentale où la prévalence de l'infection toxoplasmique humaine est de beaucoup la plus grande.
Voici ce que l'on observe dans la région parisienne : dès la fin de leur première année, quelques nourrissons ont déjà été contaminés, et ils en garderont les traces sérologiques très longtemps, toute la vie, semble-t-il. Au fur et à mesure qu'on étudie des couches d'âges, des individus en nombre de plus en plus grand se trouvent infectés et sont porteurs d'anticorps : à deux ans, 10 p. 100 des sujets ; à sept ans, 50 p. 100 ; et, vers la trentaine, près de 90 p. 100. D'après cette progression, il est facile d'estimer le risque d'infection toxoplasmique entraîné par les mœurs alimentaires : les risques de contracter la toxoplasmose sont d'environ 7 p. 100 par an. Cela n'est évidemment qu'une moyenne, car le risque est beaucoup plus fort pour les amateurs de viande très saignante ou crue : chez des sujets consommant régulièrement chaque semaine deux côtelettes de mouton bien saignantes, les risques approchent 10 p. 100 par mois. En revanche, si la viande est toujours bien cuite, le risque d'infection est inférieur : environ 1 p. 100 par an en Grande-Bretagne, où seulement 20 à 40 p. 100 des adultes ont des réactions positives.
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