3. Toxines bactériennes glucido-lipido-protéiques
• Propriétés générales
L'injection à un animal de corps microbiens tués ou simplement des parois de bactéries à Gram négatif, notamment Entérobactéricées (espèces Salmonella, Escherichia, Shigella), provoque des phénomènes toxiques pouvant entraîner la mort si la dose est suffisante. Cette mort est précédée par un état de choc, des hémorragies internes et une hyperthermie. On constate de plus toute une série d'effets biologiques et de perturbations métaboliques caractéristiques (tabl. 4). Tous les effets sont dus à l'action d'un complexe chimique appelé endotoxine, de haut poids moléculaire (1 à 20 × 106 Da), extractible à partir des bactéries ou de leurs parois par différentes méthodes. Contrairement aux toxines protéiques, le complexe endotoxinique présente un profit polydispersé à l'ultracentrifugation, et sa composition varie selon les méthodes d'extraction ou de fractionnement utilisées.
Dans certaines préparations, tel l'antigène complet de Boivin obtenu par extraction à l'acide trichloracétique, le complexe est constitué de glucides, de lipides et de protéines, d'où le terme de toxine glucido-lipido-protéinique proposé par A. Boivin. Les méthodes d'extraction proposées par d'autres chercheurs, particulièrement celle au phénol-eau (O. Westphal, O. Lüderitz), donnent des préparations lipido-glucidiques sans protéines, d'où le terme de lipopolysaccharide (LPS), utilisé actuellement par la majorité des auteurs pour désigner les endotoxines.
L'architecture selon laquelle se disposent les différents éléments constitutifs des endotoxines (fig. 4a) reste mal connue en raison notamment des disparités des méthodes d'extraction, qui n'excluent pas d'ailleurs l'apparition d'artefacts. Aussi, ce sont finalement les propriétés biologiques communes, quels que soient les germes utilisés et les techniques d'obtention, qui permettent de regrouper ces substances sous une même détermination.
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