3. Est-il souhaitable de développer le tourisme culturel ?
La question est très controversée. Le tourisme peut aussi avoir des effets négatifs sur le patrimoine : usure prématurée des monuments, comme dans les appartements royaux de Versailles ; dégradations involontaires ou vandalisme sur les gravures de l'Âge du bronze dans la vallée des Merveilles... Les exemples ne manquent pas pour dénoncer la surfréquentation et ses effets nocifs. Un site culturel où l'on se presse au-delà de toute raison perd de la sorte tout charme et souvent tout sens, et sa visite peut décourager au lieu de favoriser un contact avec l'art, l'architecture ou l'histoire, qui nécessitent un minimum d'intériorité.
Nombreux sont ceux qui tirent argument des devoirs de la conservation – responsabilités devant les générations futures – et de l'intimité indispensable à la contemplation artistique pour récuser le tourisme culturel. D'autres – ils sont cependant de moins en moins nombreux – pensent que la culture est un bien identitaire dont le partage risque d'atténuer l'authenticité et d'en briser le caractère quasi religieux. D'autres encore craignent que les nécessités d'une compréhension par le plus grand nombre n'entraînent une vulgarisation, au sens péjoratif du terme, une baisse de qualité ; il est vrai que parfois, au cours de la visite commentée de tel ou tel monument ou site, des préoccupations mercantiles se devinent qui priment à l'évidence sur la recherche de la qualité culturelle.
Comment répondre à ces objections ? On examinera d'abord le problème de la conservation : pour une vingtaine de lieux culturels qui, en France, souffrent quelques semaines par an de surfréquentation, il en est des centaines, voire des milliers qui manquent de visiteurs et qui, ne générant pas d'activités économiques suffisantes, constituent pour la collectivité ou pour leur propriétaire une charge financière insupportable. Ceux-là se dégradent ou risquent de se dégrader si les mutations économiques actuelles se poursuivent. En réalité, s […]
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