2. Une demande en mutation
La demande de tourisme culturel évolue parallèlement à la consommation touristique en général. Elle privilégie notamment le court séjour « thématique » à n'importe quel moment de l'année, réduisant d'autant la durée du séjour en haute saison d'été.
Les déplacements de quelques jours sont grandement facilités par le développement des nouvelles infrastructures de transport (autoroutes, T.G.V.) et par la baisse des tarifs aériens. La France « rapetisse » et des régions autrefois inaccessibles pour qui ne disposait pas au moins d'une semaine peuvent être visitées le temps d'un week-end. La forte demande qui en résulte ne cesse de croître et trouve dans le patrimoine en particulier, et les activités culturelles en général, un objectif privilégié car, en dehors de la saison d'été plus propice aux activités sportives et de plein air, il devient le principal centre d'intérêt.
Cette demande se diversifie et devient plus exigeante. Le public recherche l'insolite, l'inattendu et ne se contente plus d'être passif devant le monument. Stimulé par l'ouverture de grands lieux de culture scientifique et technique où tout est conçu pour lui, le visiteur a tendance à rechercher le même degré de professionnalisme dans les présentations des monuments et des musées. Le château vide, le musée-dépôt d'objets de toutes périodes sans explication ni accueil multilingue ne font plus recette.
Abreuvé d'images innombrables et fortes par la télévision et le cinéma, le visiteur ne consent plus à faire l'effort d'imagination qui lui permettrait de revivre de lui-même l'histoire du monument et de ses habitants et a fortiori d'en concevoir le fonctionnement. Il faut expliquer, animer et recréer, sinon le visiteur déçu passera rapidement et répandra ensuite une contre-publicité désastreuse pour la fréquentation du lieu culturel qui n'a pas répondu à son attente.
Fait nouveau, le public ne se contente plus du triptyque « monument-musée-festival ». Il s'intéresse désormais à de nouvea […]
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