Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

TOURBIÈRES

Page précédente Page suivante

4.  Intérêt scientifique et économique

  Relictes biogéographiques et palynologie

La flore des tourbières, comme la faune qui en dépend, est riche en espèces étroitement spécialisées et rares. Il ne s'agit nullement de « curiosités » pour collectionneurs, mais, dans la plupart des cas, d'incontestables fragments de végétation tardiglaciaire relictuelle : en sont témoins les Carex chordorrhiza et Betula nana du Jura (cf. supra), la ligulaire de Côte-d'Or et de Margeride, l'Eriophorum gracile de quelques tourbières du Nord et de l'Ouest, le Calliergon trifarium d'Épizy, près de Fontainebleau. Les tourbières constituent donc au sens strict des musées naturels où sont conservés des types de milieux et des espèces en voie de disparition.

La tourbe, milieu réducteur, fossilise parfaitement toutes les structures organiques qui y sont emprisonnées : pollens, spores et autres microfossiles, macrorestes animaux et végétaux, parfois cadavres entiers restés intacts, tels le Megaceros des tourbières d'Irlande ou l'« homme de Tollund »,. La couverture végétale des tourbières constitue un piège à pollen et à spores particulièrement efficace, renouvelé chaque année et régulièrement « mis en archives » par le jeu de la croissance verticale des mousses. Cette stratification régulière permet l'établissement d'une chronologie relative précise ; sa nature organique en autorise la datation absolue (14C), pour le Quaternaire récent. Ainsi, l'analyse palynologique des tourbières a apporté des données considérables sur l'histoire de la végétation et les successions climatiques au Quaternaire, notamment pour les 15 000 dernières années : les grandes coupures climatiques de l'Holocène reposent sur les résultats concordants des analyses polliniques, et leur âge absolu a été souvent précisé. Elle permet aussi de suivre l'histoire de l'activité humaine au Post-glaciaire. Sur la plupart des diagrammes, une soudaine extension des graminées et autres héliophytes, accompagnée de la régression des pollens d'arbres, traduit le début des grands défrichements néolithiques ; un mouvement inverse exprime une régression de l'action humaine. À Cessières (Aisne), les niveaux détritiques interstratifiés dans une tourbe datée ont permis de reconstituer les phases anthropiques d'érosion des sols. De même, des couches archéologiques peuvent s'intercaler dans la tourbe (restes saxons et vikings en Scandinavie). 

 […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 5 pages…Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« TOURBIÈRES » est également traité dans :

ALLEMAGNE (Géographie) - Aspects naturels et héritages

Écrit par :  François REITEL

Dans le chapitre "Les différents milieux à l'ouest de l'Elbe"  : …  (169 m) que le paysage naturel est le mieux conservé (parc naturel). Les Moore (*tourbières) correspondent aux régions basses, envahies par les sphaignes. Les tourbières les plus nombreuses se trouvent à l'ouest de la Weser. Le Bourtanger Moor est la plus grande, 1 400 kilomètres carrés, dont 1 000 kilomètres carrés en R.F.A. La… Lire la suite
DRENTHE

Écrit par :  Claude MOINDROT

… *L'une des onze provinces des Pays-Bas (2 680 km2) dans la partie nord-est du pays, la Drenthe est, avec 486 200 habitants en 2007, la moins densément peuplée de toutes (densité : 183 hab./km2) et la moins urbanisée. Le sol est particulièrement ingrat. Les glaciers quaternaires ont laissé des monticules de sables et de graviers… Lire la suite
PAYSAGE HISTOIRE DU

Écrit par :  Philippe LEVEAU

Dans le chapitre "Fondements d'une histoire du paysage"  : …  technicienne. À partir du xie siècle, les paysans s'intéressèrent au saltus des *tourbières pour en entreprendre la conquête agricole. Des fossés furent construits dans les tourbières, et ces dernières, asséchées, commencèrent à s'affaisser. On se mit alors à construire des digues, des barrages, des canaux, on créa des polders,… Lire la suite
PAYS-BAS

Écrit par :  Frédéric MAUROGuido PEETERSArnault SKORNICKI UniversalisChristian VANDERMOTTEN

Dans le chapitre " Géographie"  : …  fluviatiles. On trouve également, dans ces parties les plus basses du pays, de vastes dépôts de *tourbe, recouvrant des alluvions marines, en particulier en Hollande et en Frise ; ces tourbières basses, humides, s'opposent aux tourbières sèches que l'on rencontre de-ci de-là dans l'est du pays. Cette zone basse occidentale est séparée de la mer… Lire la suite
SEL

Écrit par :  Jean Claude HOCQUET

Dans le chapitre "Des techniques traditionnelles variées"  : …  e siècle en Normandie et jusqu'en 1953 au Japon sur les rivages de la mer Intérieure. Dans *la tourbe salée du littoral, en Zélande ou sur les rivages de la Frise et les côtes orientales de l'Angleterre, on découpait des briquettes à brûler, pour en recueillir la cendre, dissoudre et filtrer le sel qu'elle contenait, chauffer la saumure… Lire la suite

Retour en haut

Médias

Médias de cet article dans l'Encyclopædia Universalis :

Tourbe de l'Alleröd : vitesse d'épaississement Tourbière ombrogène Évolution de deux séries turficoles Tourbe de l'Alleröd : vitesse d'épaississement Formation détritique

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média