En 1956, la pièce de John Osborne, Look Back in Anger (La Paix du dimanche), enflamme le public de la Royal Court. Dirigée par Tony Richardson, codirecteur de la salle, cette œuvre va susciter tout un mouvement artistique, qui conteste l'establishment : les Jeunes Gens en colère seront des « hussards » aux préoccupations sociales affirmées. La contestation allait gagner le milieu du cinéma : Tony Richardson signe l'adaptation de la pièce d'Osborne (Les Corps sauvages, 1959) et devient le chef de file d'un mouvement appelé Free Cinema. Associé aux réalisateurs Lindsay Anderson et Karel Reisz (avec lesquels il avait fondé, dès 1958, la revue cinématographique Sequence), il fonde la compagnie Woodfall qui produira les films les plus représentatifs de ce courant. Tony Richardson réalise Le Cabotin (1960) d'après John Osborne, Un goût de miel (1961) et, surtout, l'étonnant La Solitude du coureur de fond (1962). Il innove techniquement, déstructure le récit conventionnel et ouvre la voie à des réalisateurs tels que Mike Leigh ou Kenneth Loach.
L'Amérique, attirée dans les années 1960 par le cinéma européen, […]
