3. Activité tonique et vie de relation
Ce rapide survol de la régulation supramédullaire du tonus musculaire conduit à formuler quelques remarques d'ordre général :
– Toutes les structures cérébrales capables d'influencer l'activité motrice peuvent moduler l'excitabilité des motoneurones γ, points d'impact de la régulation tonique.
– La formation réticulaire semble représenter la voie finale commune de l'ensemble des systèmes de contrôle cérébral, intégrant toutes les informations et synthétisant les actions fondamentales du système nerveux.
– Les formations nerveuses jouant un rôle dans l'activité comportementale de l'individu sont susceptibles d'influencer le tonus musculaire.
– Les fluctuations du niveau de vigilance ont un reflet indiscutable au niveau des fuseaux neuromusculaires, et l'on peut parler d'une régulation à la fois spécialisée et diffuse du tonus neuromusculaire : spécialisée lors de la préparation d'un acte moteur précis, diffuse lors de la mise en éveil de l'ensemble de l'appareil effecteur par une augmentation de la tension psychique du sujet. La liaison psychosomatique est ici particulièrement bien mise en évidence.
– La plupart des systèmes récepteurs participent au maintien du tonus en renseignant sur l'état des systèmes effecteurs à un moment donné. Leurs « messages » ne parviennent cependant pas sous leur forme primaire au niveau des systèmes d'intégration, car ils ont déjà subi un contrôle de la part de ces mêmes systèmes. Les modalités de ce contrôle semblent réglées par l'état physique des structures au moment de la réception du message intérieur ou extérieur.
Il est impossible de rendre responsable un seul système régulateur d'une modification tonique, car sa défaillance entraîne un déséquilibre complexe de la régulation de la tonicité, à la fois dans le contrôle du réseau d'information et dans l'intensité de la contre-réaction qu'appliquent normalement les autres structures régulatrices sur la structure lésée.
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