Le procédé du « veloutage » qui permet d'obtenir les papiers « tontisses » est toujours en usage. Il consiste à saupoudrer d'une manière égale, avec des hachures d'étoffes et des poudres colorées, des toiles ou des papiers sur lesquels on imprime au préalable, au moyen de bois gravés ou de cylindres, un mordant incolore sur lequel se fixent les poussières de « tontures ». Ainsi apprêtés, tissus et papiers imitent tapisseries et riches étoffes. Cette technique, dont l'usage est attesté à Nuremberg vers 1470, s'appliquera avec beaucoup d'imperfection à des tentures murales dès le xvie siècle, en Angleterre, aux Pays-Bas, en Allemagne et en France. Au début du xviie siècle, Le François, à Rouen, et Lanyer, en Angleterre, font progresser un genre qui s'épanouit en Angleterre à la fin du siècle et dans la première moitié du xviiie siècle. À cette époque, les imitations de broderies, de damas et de velours anglais (flock papers) sont introduites un peu partout et jusqu'en Amérique. En France, elles trouvent leur emploi à Versailles et dans les châteaux. Jean-Baptiste Réveillon commencera sa carrière en apprenant à les poser sur des toiles tendues sur des châssis, puis à les copier, à sa manière. Cependant, à peine ont-ils commencé à régner que les papiers dits tontisses, ou veloutés, ou floqués, ou soufflés se voient préférer les papiers peints à la détrempe dont Réveillon assure le succès. Pour autant, les tontisses n'ont jamais été abandonnées ; elles font bon voisinage, sur un même lé, avec des impressions à la détrempe, et elles demeurent la meilleure imitation possible des étoffes les plus riches.
Jean-Pierre SEGUIN
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