3. Conséquences sur la politique de santé
La tomodensitométrie a largement contribué à la promotion d'une nouvelle discipline, l'économie de la santé, qui permet d'éclairer des choix en termes d'impact social et économique, à côté de leur formulation plus classique en termes médico-techniques. À ce titre, une des caractéristiques du scanner X est son utilisation virtuellement illimitée : il n'y a pas de région anatomique qui n'offre d'intérêt potentiel à l'exploration par le tomodensitomètre.
Bien plus, on peut imaginer aisément que l'on puisse répéter l'examen périodiquement pour suivre l'effet d'un traitement, ou encore dans le but d'un dépistage précoce de tumeurs profondes. Un tel usage « extensif » du tomodensitomètre, technique « de pointe », pose évidemment des problèmes de risques et de coûts, d'une manière particulièrement nette à cause du prix des installations, de leur entretien et de l'intensité de leur usage possible. Bien entendu, il faut mettre en rapport ces « coûts » (et ces risques) avec les « bénéfices » obtenus par la nouvelle méthode.
Or, si la notion de bénéfice peut facilement s'apprécier en matière de prévention (le nombre de malades dépistés à un stade curable, par exemple) ou de thérapeutique (le nombre de malades guéris, qui ne l'auraient pas été spontanément, par exemple), elle est moins évidente à démontrer pour une procédure diagnostique comme le réalise le scanner X.
Le bénéfice veut-il seulement illustrer l'apport supplémentaire d'information de la nouvelle technique ? Ou s'exprime-t-il par sa capacité de remplacement d'autres techniques moins efficaces, plus risquées, plus inconfortables, plus coûteuses ou plus compliquées ? Ou faut-il apprécier le bénéfice en fonction d'un résultat final obtenu dans la solution d'un problème médical ?
Toutes ces questions peuvent susciter de nombreuses controverses, d'autant plus qu'elles reçoivent des réponses différentes en fonction de l'usage principal que l'on veut faire de l'appareil (crâne ou corps entier), de son […]
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