Né dans le Latium, à Pico Farnese, Tommaso Landolfi y fit, jusqu'à la fin de sa vie, de longs séjours, dans une grande et vieille maison à demi déserte qu'il y possédait et qui, sous mille formes diverses, reparaît fréquemment dans ses livres.
On ne sait que peu de chose de ses années de formation, de son enfance, sinon qu'il perdit sa mère à l'âge d'un an et demi et que, très jeune, il fut mis en pension au fameux collège Cicognini de Prato où D'Annunzio, entre autres, avait fait ses études. De ces premières années, de ses relations difficiles avec un père à la fois révéré et redouté, il n'a que rarement parlé en clair, mais il n'est pas douteux que l'univers troublé de ses récits soit en rapport étroit avec le climat affectif de cette enfance (Ombre, 1954, en porte clairement trace). Lecteur vorace et peu conformiste, Landolfi unissait dans une même admiration Dante, Leopardi et D'Annunzio, mais aussi, et de façon plus insolite à l'époque, les écrivains allemands, français et russes dont il fut, d'autre part, un traducteur remarquable. C'est d'ailleurs principalement dans les auteurs du xixe siècle que Landolfi, peu soucieux de modernité, se […]
