Il se disait dilettante veneto, mais cela ne veut rien dire de plus que le fait, pour Tomaso Albinoni, de ne pas vivre de la musique, étant de famille noble et riche. C'est en fait un des très grands musiciens de cette époque, contemporain et, croit-on, ami de Vivaldi. Son œuvre considérable pour le théâtre a pratiquement disparu, à part quelques airs isolés : mais on possède le livret de cinquante opéras, et le Mercure François lui attribue plus de deux cents œuvres théâtrales en 1731. Seule son œuvre instrumentale nous est parvenue ; elle est considérable par le nombre et la qualité, ainsi que par des innovations importantes. Comme Torelli, Albinoni oriente de manière définitive le concerto vers le « concerto de soliste », dans les trois recueils de Concerti a cinque (dont les deux derniers, admirables, sont destinés au hautbois). Il est l'auteur de plusieurs recueils de Sinfonie : le dernier, datant de 1735, adopte la forme en quatre mouvements (allegro, andante, menuet, presto) dont on attribue généralement l'initiative à Carl Philipp Emanuel Bach. C'est cette forme même qu'adopteront Haydn, Mozart et Beethoven. Dans la sonate, Albinoni s' […]
