7. La question du module régional tōkyōte
Puisqu'il n'y a pas au Japon d'institution correspondant à la « région », aucune « Région tōkyōte » ne vient organiser l'aménagement du territoire à cette échelle. Certaines coordinations existent, entre préfectures voisines et entre administrations, mais elles sont multiformes, plus ou moins spontanées, et compliquées. Les nombreuses planifications qui sont élaborées à une échelle départementale et nationale depuis 1950 ont surtout une valeur indicative. Leurs effets les plus visibles à Tōkyō concernent le réseau de transports, la construction des sept sous-centres chargés de désengorger le Central Business District traditionnel et la réalisation d'opérations spatialement limitées.
Depuis le milieu des années 1990, dans le cadre des politiques de relance de la décentralisation et avec l'arrivée d'Ishihara Shintarō comme gouverneur du T.M.G. en 1999, de nouveaux projets régionaux sont apparus.
Le « Cinquième plan de base de la sphère capitulaire » (Daigoji shuto-ken kihon keikaku, 1999) est élaboré par l'ex-S.E.T. (secrétariat d'État au Territoire, regroupé dans un ministère plus vaste avec les Transports depuis 2001), et donc par le gouvernement central.
Le « concept de la Megalopolis capitulaire » (Shutoken megaroporisu kōsō, 2001), plus ambitieux selon les uns, mégalomaniaque selon les autres, est proposé par le T.M.G. Selon ses objectifs, Tōkyō doit être « la plus grande ville du monde avec 33 millions d'habitants » et « la métropole vivante leader d'une nouvelle civilisation asiatique ». Son enveloppe territoriale correspond aux quatre départements de l'aire tōkyōte. Ce plan met l'accent sur trois pôles urbains (Kawasaki, Yokohama, Chiba), par souci de recentrer et de densifier, mais aussi par efficacité politique, car les principaux élus, s'ils ne sont pas du même bord politique que Tōkyō, sont également en délicatesse avec le pouvoir central.
Tōkyō est donc confronté aux mêmes problématiques que les autres mégapoles mondiales, dans ses rapports entre le global et le local, entre le national et le régional, entre l'économique et le social, mais déclinées dans le cadre d'un système japonais dont le capitalisme d'État doit s'adapter aux mutations de la globalisation libérale.
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