4. Tōkyō concentre
Centre du pouvoir, Tōkyō est le lieu où il faut être présent pour réussir. Entreprises et collectivités locales de province y ont au moins un bureau pour se faire représenter et négocier avec les autorités économiques ou politiques. Se rendre à Tōkyō dans ces conditions est souvent assimilé à la tyrannie des Tokugawa, lorsque les seigneurs de province et leur famille devaient alternativement résider en Edo auprès du shōgun.
L'abondance d'une main-d'œuvre, qualifiée ou non, la multiplicité d'infrastructures et la logique propre du capital à sa concentration contribuent à faire de Tōkyō une capitale économique. La région industrielle du Keihin, constituée des deux départements de Tōkyō et de Kanagawa, représentait 11 p. 100 de la production industrielle du Japon en 2003. Si ce chiffre est en baisse (22,1 p. 100 en 1970, 17,5 p. 100 en 1980), la sphère capitulaire assure désormais 29,7 p. 100 du total japonais.
Le département de Tōkyō s'est relativement désindustrialisé et beaucoup tertiarisé. En 2005, un peu plus d'un million de personnes travaillent dans le secteur secondaire, contre près de deux millions en 1965 (son pic). Près de cinq millions de personnes travaillent dans le secteur tertiaire (déjà 2,6 en 1965, 3,3 en 1995). Entre 1990 et 2000, le département de Tōkyō a perdu 18 000 industries et 240 000 emplois industriels. Mais, parallèlement, certaines branches à haute valeur ajoutée se concentrent dans les quartiers sud, dans la ville voisine de Kawasaki (plasturgie) ou dans les banlieues plus lointaines (informatique, électronique). Les constructeurs automobiles essaiment dans tout le pourtour de la mégapole.
Tōkyō est consacré « ville globale » dès la fin des années 1980, grâce à la dérégulation financière japonaise, l'essor du Kabuto-chō (la Bourse tōkyōte), et la Bulle financière, foncière et spéculative. Le département de Tōkyō fournit 20,6 p. 100 du P.I.B. japonais réalisé dans les activités tertiaires en 2003 (34,6 p. 100 dans la sphère tōkyōte). […]
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